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Le point sur les bateaux vikings

avril 5, 2008
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Vous connaissez tous le terme « drakkar ». Il est temps de le bannir de votre vocabulaire.

(Source)

En effet, ce mot n’est connu dans aucune langue scandinave, moderne ou ancienne, et il n’est pas utilisé pour désigner le bateau des vikings. Les musées scandinaves dédiés à ce sujet ignorent ce terme (Vikingskipsmuseet d’Oslo ou Vikingskibshall de Roskilde). On peut le trouver dans un dictionnaire français-suédois, comme mot français (!), traduit par vikingaskepp.

Maurice Gravier, dans ‘Les Scandinaves’, Lidis-Brepols 1984, page 160 , dit ceci : « En France, le nom de drakkar est trop souvent employé pour désigner le navire scandinave du Moyen Age. On ne sait qui a lancé ce terme fantaisiste. » Il ajoute en note : « Cet étrange barbarisme s’est introduit dans la langue française dans la seconde moitié du XIXéme siècle. »

Régis Boyer, dans ‘La vie quotidienne des Vikings’, Hachette 1992, page 138 : « D’autant que nous aurons à parler de la figure de proue : par métonymie, elle servait souvent à dénommer le bateau tout entier. Donc : le Bison, le Bélier, le Serpent, la Grue, etc., selon l’animal plus ou moins stylisé qui était sculpté à l’étrave. Or, statistiquement si l’on peut dire, cette figure représentait surtout un dragon, dreki en vieux norois, pluriel drekar. De là vient certainement l’absurde et indéracinable drakkar qui est une spécialité française et combine une faute de nombre, une de morphologie et une d’orthographe »

Il est possible que le vocable drakkar ait été créé par les romantiques français, admirateurs des Vikings (ou plutôt de l’image qu’ils en avaient). Le double k a peut être été rajouté pour faire plus vrai, plus « sauvage guerrier du Nord à la langue rugueuse ».   

Les expéditions vikings partant de Norvège vers l’Ouest ont commencé à la fin du VIIIè siècle. En 793 eut lieu d’attaque contre le couvent de Lindisfarne. Puis ils continuèrent à attaquer les îles britanniques. Chaque été ils arrivaient et pillaient, pour ensuite commencer à s’installer. Ils ramenaient alors leur famille, sur les Îles Orcades et Shetland, qui par exemple devinrent totalement norroises. Qu’advenait-il des autochtones? Ils étaient au mieux réduits en esclavage, ou tués. Ils s’installèrent également à l’extrême Nord de l’Écosse. Les vikings danois s’établirent au Nord de l’Angleterre, et avec les vikings norvégiens ils attaquèrent l’Irlande et y fondèrent des petits royaumes. Ces régions furent des bases de navigation pour ensuite conquérir des territoires plus au Nord, comme les Îles Féroé, dès le début du IXè siècle. À cette époque, elles étaient inhabitées, ou peut-être y avait-il quelques moines irlandais, parmis les moutons qui donnèrent son nom à cet archipel, sûrement importés par les moines. En matière de construction de bateaux, les vikings firent des progrès énormes. Leurs embarcations étaient meilleures que tout ce qu’on n’avait jamais connu auparavant.  C’est à partir du XIXè siècle que l’on a commencé à découvrir les vestiges d’anciens bateaux, et les plus connus sont ceux découverts à Gokstad, Oseberg et Tune en Norvège.

Vous pouvez les découvrir au VIKING SHIP MUSEUM d’Oslo.

PLUSIEURS TYPES DE BATEAUX

– le langskip, littéralement ‘bateau long’

Les bateaux norvégiens mesuraient tous plus de 20 m de long sur 4/5 m de large. Le plus petit retrouvé faisait 18 m de long , 2,6 m de large, 1 m de haut, et était en frêne. Le plus grand, lui, était fait de chêne. Ils étaient utilisés dans un but militaire, et pour la navigation d’apparat. Ils pouvaient aller très vite, équipés d’une voile. Le plus petit pouvait contenir 24 hommes, et le plus grand, plus de 50. Il n’était pas pratique pour les transports, la navigation sur l’océan*.

– le knörr

Ce type de bateau a sûrement été utilisé pour naviguer vers l’Islande. On en a retrouvé un dans le fjord de Roskilde au Danemark. Celui-ci faisait 16,5 m de long, et est donc beaucoup plus court, 4,5 m de large (peu de place pour les rameurs) et 2 m de hauteur. Il était par contre plus solide, fait de pin, de chêne et de tilleul. Il fut apparemment construit dans le Sud de la Norvège. Il n’avait qu’une seule voile carrée. Il devait aller plus vite, et être utilisé pour les transports.

Sans oublier

– le kaupfar: pour la naviguation dans la Baltique.

– le ferja: simple petit bateau de pêche (12 m de long, 2,5 m de large, 1 m de haut).

LES TECHNIQUES DE NAVIGATION

À cette époque, on ne connaissait pas la boussole. Mais on peut citer quatre objets, mais qui n’ont peut-être pas tous été utilisés à ce moment-là:

– une ligne, pour mesurer la profondeur.

– la pierre solaire, qui situait le soleil dans le ciel, même par temps couvert.

– le bâton, pour mesurer la hauteur du soleil dans le ciel.

– la kringla, une plaque ronde en bois, qu’on a par exemple retrouvé dans une tombe au Groënland datant de 1200, avec une pointe qui en sortait au milieu. Elle avait une circonférence divisée environ en 32 traces. Il devait y avoir une sorte d’aiguille qu’on pouvait déplacer, et on prenait les mesures à un moment précis de la journée pour trouver la direction à suivre chaque jour, au même moment. –

Avec le soleil et les étoiles, on gardait la même latitude, en voyant le soleil à la même hauteur chaque midi, chaque jour. On pouvait voyager de cette manière pendant une quinzaine de jours.  

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