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Les sagas islandaises

avril 7, 2008

LES ORIGINES DE LA LITTERATURE ISLANDAISE

Quand la littérature apparaît en Scandinavie, on ne la trouve qu’en Islande. On n’y retrouve pas de traces de littérature écrite avant qu’ils soient christianisés, vers le IXè-XIè siècle. Jusque là, tout était transmis oralement. C’est donc un clergé instruit qui amène l’alphabet latin, et la langue du pays va être transcrite. Tous les textes alors produits seront exclusivement en latin, et il faut attendre pour qu’ils soient rédigés en langue scandinave.

En Islande, ce passage va se faire nettement plus tôt, avec la langue norroise. On va avoir des textes écrits dans cette langue, avec avant tout un contenu historique. Les Islandais vont ainsi fixer par écrit l’ancien patrimoine culturel, à contenu païen, transmis oralement. Les sagas islandaises sont un des sommets de la littérature médiévale européenne. C’est une forme littéraire spécifiquement islandaise. Il s’agit de textes en prose de très haute qualité, qui ont très bien vieilli et se lisent encore facilement. On peut y trouver des strophes en vers, mais uniquement à titre de citation, lorsqu’une personne se met à déclamer quelques vers d’un poème. Leur longueur est variable, et peuvent comprendre de 20 à 300 pages.

Dès le Moyen-Âge, la littérature islandaise affirme sa place au sein de la littérature européenne, tandis que les autres pays scandinaves, leur littérature est encore inexistante. Ils écrivent surtout en latin, et ces textes n’ont aucune valeur littéraire. Pour cela, ilf audre attendre jusqu’au milieu du XIXè siècle.

La saga est un genre littéraire original, limité dans l’espace (uniquement en Islande) et le temps (du XIIIè au XVè siècle). En dehors de ce cadre, on ne peut plus parler de saga.

Le mot ‘saga’ vient du verbe ‘segja’, qui signifie ‘dire’ ou ‘raconter’, mais il a un sens différent dans les autres langues. En suédois, par contre, le mot veut dire ‘conte populaire’, et en allemand, ‘sage’ signifie ‘légende’.

La saga est un texte narratif par excellence. Sa raison d’être, c’est de raconter les faits, comprenant énormément d’évènements.

Il y a très peu de descriptions. Mais elle pourra servir à présenter l’armement d’un héros, qui va par la suite jouer un rôle dans le récit.

Il n’y a aucune analyse psychologique des personnages, qui se dégagera simplement de ce qu’ils disent et font. L’auteur ne nous donne rien, que des actes, des paroles citées.

Une saga est écrite dans une langue simple, qui va à l’essentiel. Il se passe énormément de choses, donc il faut avancer vite. La syntaxe est courte. L’islandais est pourtant une langue riche, qui aurait permis l’usage d’un vocabulaire plus recherché: mais ce n’est pas le cas ici. Il y a peu d’adjectifs épithètes, de mots abstraits. Les sagas ressemblent aux épopées d’Homère. Il y a une histoire à raconter, point.

Olav Tryggvason venant détruire les représentations de dieux païens – Illustration d’ Halfdan Egedius

Souvent, les sagas débutent en Norvège, parlent des rois norvégiens, car l’écrasante majorité des colons venaient de ce pays.

Même si elles partent généralement de faits passés, ce ne sont pas des oeuvres historiques. Le souci est de relater une belle histoire. Les faits sont choisis et agencés de façon à faire une oeuvre littéraire. Les sagas suivent leurs personnages sur plusieurs générations (3 ou 4), et racontent l’histoire de leurs familles. Écrites bien souvent au XIIIè siècle, elles mettent en scène des personnages de l’époque viking (fin XIè – Xè siècle), sans jamais aller au delà, car on traite ici du passé prestigieux de la colonisation de l’Islande. Après 1350, on va avoir une influence de la littérature courtoise venant du Continent, comme les chansons de geste françaises. Les sagas cesseront ainsi, en perdant leur spécificité.

On ne connait pas l’identité de la plupart des auteurs de sagas. On sait que Snorri en a écrit au XIIIè siècle. Une théorie de l’époque Romantique, où l’on a commencé à réapprécier les sagas, voulait que ces oeuvres soient issues du peuple, collectives, transmises oralement de générations en générations, puis fixées par écrit au XIIIè s. Voici quelques raisons qui ont pu mener à cette piste:

– on ne connaissait pas les auteurs, c’est pourquoi on a pu penser qu’il s’agissait d’oeuvres collectives,

– la simplicité de la langue, de la syntaxe

– la répétition de formules ou d’épisodes, typique des récits transmis oralement, avec des variations, aidant à la mémorisation,

– la réapparition de même personnages, d’une saga à l’autre.

Cette théorie est aujourd’hui abandonnée, car les sagas sont des récits avec une structure précise, minutieuse, très maîtrisée. Chaque épisode ou élément s’intègre très bien dans un plan d’ensemble. Les sagas reprennent des faits connus, mais on avait bien un auteur, dont le nom s’est souvent perdu, derrière un récit savamment élaboré.

Source: cours de Mme Bourguignon, professeur à l’Université Nancy II, 2001

Une liste des sagas traduites en francais

Consulter ici un article complet de Régis Boyer sur le sujet.

Ici un article très complet sur la Saga de Hrafnkell

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